Les arguments écologiques et déontologiques autour de l'IA générative relèvent de la morale et sont inefficaces. Si l'IA séduit aussi vite et autant, c'est qu'elle répond à quelque chose, qu'il y a un terrain propice. Après tout, on faisait tous sans y'a à peine deux ans.
Pour l'autrice, le problème est une perte de confiance totale en nous et en l'idée de réalité. On croit que le talent et la créativité sont innés (vs produit par du travail ou largement disponibles). L'IA permet alors de faire des choses qu'on pense définitivement hors de notre portée.
Elle permet aussi d'éviter l'échec, y compris dans les relations interpersonnelles. Alors que la solitude fait souffrir énormément de monde, on constate que les gens veulent du soutien... mais sans les efforts et les risques inhérents à une relation humaine.
L'IA fournit une solution, mais au détriment de notre capacité à nous connaître nous-mêmes (introspection, émotions). ChatGPT n'est pas là pour nous faire grandir, nous confronter et nous dire "non" : il est là pour nous faire rester en ligne et enrichir OpenAI.
Il y a un enjeu politique. Il est facile de dominer des individus désespérés, qui ne se connaissent pas eux-mêmes, ni entre-eux, qui n'ont plus confiance en rien (les autres, la science, les infos) et sont devenus fatalistes. Mais en vrai, ces personnes sont créatives, ont de l'imagination, sont capables d'imaginer et réaliser des alternatives.
Le monde de l'IA est un monde triste. Il y aura toujours des gens pour aimer créer, faire des choses (y compris des efforts, y compris et apprendre de ses échecs). Ce sont eux qui sont joyeux, qui font des choses cools, en particulier quand ils et elles agissent ensemble, collectivement.
Note que ce résumé est très partiel, car l'article est riche et fait des apartés. J'ai littéralement ignoré des sections entières dans ce résumé.